• La Laponie par les eaux

La Laponie par les eaux

Expédition canoë sur le lac Törne et la Törnealven en Laponie suédoise (août 2010).

Le mois de juillet avait été pluvieux. Courageux mais pas téméraires, nous remisions nos projets de descente de rivière pour un petit tour sur lac Torne. Nous nous mettions à l’eau à Abisko et attaquions notre navigation lacustre.

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Nous laissions le canoé quelques heures pour nous balader dans le parc national d’Absiko,

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dans les montages norvégiennes, et nous pêchions quelques jours une charmante rivière.$

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Le beau temps était là, la rivière baissait, les pieds étaient fatigués des marches au bord de l’eau, les moustiques étaient rassasiés. Il était temps pour nous de revenir à nos projets originels.

Vint ce jour béni des Dieux où partis de bonne heure, nous pagayions vent dans le dos, attrapions un train,
ravitaillions à Kiruna et stoppions un bus qui nous déposait enfin à la rivière. Il était cinq heures. Nous nous éloignions de la berge et je laissais trainer un leurre derrière le canoé. Quand soudain, Il mordit.

Au terme d’un combat homérique, je Le sortais de l’eau, énorme, magnifique.

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Le bivouac était magique

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et roboratif.

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Après une si belle prise, nul doute que nous avions la rivière dans la peau.

Le lendemain, dans le premier rapide, Enrico cassait sa pagaie. Nous tentions une analyse des causes de la mésaventure :
1. Toujours avoir une pagaie de rechange. C’est écrit dans les livres. Ne pas écouter le vendeur qui dit n’en avoir jamais cassé une. Lui, il est bon.
2. Porter le canoé quand le rapide est un peu difficile (là c’était le premier, on n’avait pas tellement de référence).
3. Se mettre dans les cales genoux pour éviter d’être en vrac dans le bateau la première secousse venue là où tu es censé diriger fermement (ok au début tu te dis les cales genoux, si le bateau se retourne et je coince genre une sandale, je peux bien faire la quille 5 kilomètre avant de me défaire (ou pas)).
4. (spéciale dédicace Enrico) quand ton petit copain derrière, celui qu’est censé diriger le bateau, il est cul par dessus tête et que tu vois arriver un gros caillou à 800 km/heure et ben t’essaye même pas de le repousser avec la … pagaie.

Mais, nous ne nous laissions pas abattre pour autant et de nos mains d’ébénistes chevronnés naissait le double à l’identique de la défunte pagaie. Clône que nous devions abandonner 2 jours plus tard pour une ravissante rame finlandaise acheté dans la station essence d’un improbable village lapon (c’est comme ça la Laponie).

La rivière se déroulait.

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De bivouacs en bivouacs.

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Mais ne s’échappe pas de Paris qui veut. Et il fut temps de reprendre le train, 12 heures pour Stockholm puis 24 heures pour Paris…

Le souvenir du poisson dans un coin de ma tête, je rentrais à Paris persuadé d’être accueilli comme il se doit, en héro. Hélas, ce furent les quolibets, une « jolie perche soleil », « le poisson a dû sauter dans le bateau », « il s’est échappé d’un élevage »… Quelle tristesse.

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