Avril 2017 et mai 2018 – Albanie

La Vjosa, fleuve joyau de la biodiversité albanaise, est menacée

Texte : Aurélien Rateau
Photos : Gregory Douillard

Remerciements à nos partenaires River equipement et Aquadesign.

Portfolio Categories : Rivières des Balkans.

En avril 2017, Aurélien Rateau, Gregory Douillard et Louis Seiller sont partis en canoë à la découverte de la Vjosa, l’une des dernières rivières libres du bassin méditerranéen, des scientifiques qui l’étudient et des ONG qui tentent de protéger la rivière des projets de barrages qui fleurissent. Une navigation de 7 jours, de la frontière albano-grecque à l’Adriatique, riche en rencontres.

En mai 2018, c’est avec ces mêmes chercheurs qu’ils ont cette fois embarqué pour une navigation scientifique. Tout au long de la rivière, il s’agissait de collecter différentes espèces de poissons et d’invertébrés aquatiques pour évaluer leur endémisme mais aussi étudier comment les populations du très rare Pelasgus communiquent entre elles. Arte nous a suivis et a fait un documentaire du début de notre navigation.

Mai 2018

Navigation avec une équipe de scientifiques autrichiens et les caméras d’Arte

 

Avril 2017

La découverte, expédition canoë de la frontière grecque à l’Adriatique

 

Les cloches sonnent. Nous sommes arrivés. La frontière est à quelques centaines de mètres. Les cloches sonnent en Grèce. Malgré le tintement dans le lointain, l’atmosphère est intimidante. Nous avons roulé un long moment depuis le dernier village sur une route de montagne, entre ravins et contreforts à la végétation impénétrable.

Et nous voilà au fond d’une vallée de galets désolée, entourés de hauts monts aux flancs densément boisés et aux cimes enneigées. En cette fin avril, la météo est maussade, fortes bourrasques et nuages noirs, les températures fraiches. Le poste frontière, son béton et ses  projecteurs, achève de donner à l’endroit son côté sinistre.

Nous essuyons une averse. Vladimir, notre chauffeur repart. Nous sommes seuls, avec la rivière.

La Vjosa coule déjà en Grèce depuis plusieurs dizaines de kilomètres en un torrent furieux. Peu avant la frontière, elle a adopté un régime plus apaisé et plus propice à l’itinérance en canoë. Ici, elle reçoit les eaux d’un affluent qui lui donnent la couleur laiteuse qu’elle ne perdra plus dans sa traversée de l’Albanie jusqu’à l’Adriatique.

Pourquoi naviguer sur la Vjosa ? Parce qu’il s’agit certainement de la dernière rivière libre d’Europe. Quand, en 2014, j’avais entrepris un tour d’Europe des cours d’eau sauvages ponctué par cinq itinérances canoë, je n’avais pas identifié la Vjosa comme l’une d’elles. Il a fallu le travail de deux associations, River watch et Ecoalbania pour que cette rivière, sans barrage de sa source à son embouchure, apparaisse dans le radar de tous les passionnés.

Si ces associations travaillent, c’est parce que la Vjosa est en danger. Le gouvernement albanais veut en effet implanter une trentaine de barrages sur son cours. Les travaux de terrassement de l’un d’eux avaient commencé il y a une vingtaine années déjà avant d’être stoppés. Mais, la construction de barrages a repris en Albanie comme dans le reste des Balkans à un rythme effréné. Les associations veulent protéger la Vjosa dont le cours ininterrompu a un caractère unique dans le bassin méditerranéen. Les scientifiques aussi. Ils se sont donné rendez-vous dans quelques jours sur les bords de la rivière. Nous allons les y rencontrer… si la Vjosa le veut bien.

Notre navigation sera donc placée sous le signe de la découverte. Nous voulons  appréhender ce que l’absence de barrage et d’aménagement signifie profondément en termes de paysages, de biodiversité et de relation entre la rivière et les hommes. Nous voulons découvrir ce qui a disparu sur la quasi totalité des rivières européennes et que la Vjosa donne à voir : un continuum.

Commençons par présenter l’équipe.

Il y a Louis, l’érudit des Balkans, journaliste français installé à Tirana, pagayeur à ses heures sur l’Adriatique ou le lac Shkodra. Albanophone, féru d’histoire, il nous fait découvrir et apprécier mieux que quiconque les Albanais et leur gentillesse, l’histoire tourmentée du pays, ses travers contemporains aussi. Le problème avec Louis, c’est que quand il identifie la sitelle des falaises, bel oiseau au demeurant, avant un gros rapide, il est dangereux.

Il y a Greg, le forçat de Chamonix, guide de raft dans la vallée de l’Arve. Il est capable de rester toute une journée sur son raft, sans manger, ni boire, pour faire traverser la rivière à des scientifiques autrichiens. Mais, le problème avec Greg, c’est qu’il marche trop vite dans les montées. Mais comme il fait des belles photos, on s’accroche.

Et puis, il y a moi, Aurélien, je guide des groupes en itinérance canoë aux quatre coins de l’Europe et mène divers projets toujours consacrés aux rivières. Je me passionne pour leur fonctionnement, la faune qu’elles abritent et particulièrement leurs poissons, qui peuvent me rendre, et c’est le seul défaut qu’il a pu arriver qu’on m’attribue, obsessionnel parfois.

Direction l’Adriatique. Nous nous élançons. Le vent est un train de chasser les derniers nuages. Le ciel se dégage. Les montagnes découvrent le blanc bonnet que les frimas des derniers jours ont laissé. Leurs pentes sont du vert tendre des chênes au printemps, ponctuées ça et là du mauve de la floraison des arbres de Judée. L’anxiété ressentie la veille a disparu, même si la force du vent, de face comme de bien entendu, nous indique que ce ne sera pas une partie de plaisir.

La rivière entaille de quelques mètres le socle rocheux du fond de la vallée. Nous évoluerons dans ces petites gorges pendant plusieurs jours. Seuls quelques troupeaux de moutons et aboiements signalent la présence d’hommes. Dans les années 90, après la chute du régime communiste d’Enver Hoxha, l’Albanie a connu des moments difficiles et nombreux ont été les habitants de cette région frontalière à émigrer vers la Grèce.

Nous alternons entre longs calmes, où le vent nous malmène, et puissants rapides, que nous nous arrêtons parfois pour repérer.  Nous sommes partis avec deux bateaux gonflables, faciles à transporter depuis la France. Le Solar n’est pas très volumineux alors nous avons chargé le Scout. Et puis avant de partir, nous avons fait le plein de Fërgesë, cette délicieuse purée de fromage, poivrons et tomates qui se mange tant avec du pain qu’avec des pattes, conditionnée, et c’est son seul défaut, dans de lourds bocaux. Résultat, à l’entrée des rapides, quand nous identifions un peu tard la ligne, nous sommes souvent trop chargés pour la rejoindre. Alors invariablement, nous nous remettons dans l’axe et allons “péter” dans les rouleaux. Ca passe crème !

Ainsi passe la première journée. Quand en fin d’après-midi nous nous arrêtons, le vent nous glace les os, le soleil n’est pas loin de passer derrière les montagnes et nous n’avons jamais été aussi rapides pour allumer un feu et nous changer. C’est une plage de platanes qui nous accueille. Ces arbres poussent de façon spontanée dans cette région dont sont issus les arbres plantés le long de nos places et avenues. Au milieu des lourds galets, un petit tapis d’herbe  a été tondu par les moutons comme à notre intention.

Le réveil est mis pour un lever de bonne heure afin de naviguer le matin et éviter ainsi le vent de l’après-midi. Quand nous sortons de la tente, le givre partout autour et le soleil encore loin derrière les montagnes nous rappellent les limites de ce choix. Nous rallumons le feu et déjeunons.

La rivière est encore agitée et nous naviguons dans un ballet incessant de chevaliers guignettes. Ces limicoles sont des hôtes habituels des berges de nos rivières mais je n’en ai jamais vus autant. A intervalles réguliers, l’un d’eux décolle, ailes arquées, cri strident pour se reposer plus loin. Sur l’un des blocs qui parsèment maintenant la rivière, Louis aperçoit une sitelle des rochers, cousine orientale de notre sitelle torchepot que l’on peut observer la tête en bas, c’est sa particularité, en train de picorer au creux de l’écorce des arbres.

Bientôt la ville de Permet est en vue. On s’y arrête. Louis connait une bonne table. Il s’agit d’un restaurant slow food qui met à l’honneur la gastronomie traditionnelle. On y mange une salade de chicorée sauvage et une truite. L’humidité de nos combinaisons et le temps qui s’est assombri et rafraichi nous incitent à ne pas trainer.  Bien nous en prend mais nous n’en sommes  pas moins encore littéralement gelés sur place le soir venu quand nous débarquons pour monter le camp. Quelle idée de partir naviguer pendant les « trois jours de la vieille », une expression caustique qui  désigne les dernières gelées après le redoux printanier appelées Saints de glace en France.

Troisième journée de navigation. Elle doit sonner la fin de la partie mouvementée de la navigation. Nous passons Kelcyre, son château et son rapide, jolie dénivellation avec petit drossage gauche et bassine à l’arrivée. Rien de bien méchant.

Nous sommes toujours au fond des petites gorges et bientôt des sources dégoulinent de parts et d’autres de la rivière. Mousses et fougères prospèrent le long des falaises, donnant au lieu une note tropicale. Nous en profitons pour remplir les jerrycans à quelques pas d’un site d’embouteillement. Un pêcheur nous gratifie du beau mouvement de jet d’épervier, ce filet circulaire plombé à ses extrémités et retenu par une corde fixée en son centre. Il remonte un hotu, poisson prisé dans la région nous dit-il.

La ville de Tepelenë approche et avec elle la plaine. Pourtant, c’est le plus gros rapide de la navigation qui nous attend. Bon train de vague suivi d’un petit drossage droit encombré d’arbres morts.  Une veine d’eau accroche un peu le bateau et nous déstabilise. Un bon coup de rein et ça passe. Je n’aurais pas voulu nager ici.

L’endroit n’est pas sans danger pour le pagayeur mais il est au goût des loutres, ce mammifère emblématique des rivières bien conservées. Nous trouvons de leurs épreintes (des crottes) sur la berge. Comment reconnait-on une crotte de loutre ? Et bien c’est simple, ça sent le poisson et c’est plein d’arrêtes. Nous en verrons fréquemment, tout au long de notre navigation.

Nous passons sous un joli pont de fer et Tepelenë apparait. Nous nous arrêtons dans la forêt alluviale en amont, à la confluence des eaux laiteuses de la Vjosa et translucides du Drino. Des bergers y font paître leurs moutons. Le vent nous décourage de reprendre la rivière. Cet après-midi, ce sera détente.

Le lendemain, Louis récupère son kayak. Greg lui avait confisqué pendant les premiers jours de peur de le voir nager dans les plus gros rapides. Reste que nous sommes maintenant deux guides sur le même canoë, ce qui constitue une situation à risques, presque autant qu’une descente de l’Ardèche en amoureux. Mais Greg est exemplaire et c’est à peine si je distingue de temps à autre quelques hochements de tête désapprobateurs quand à la trajectoire choisie et de légers appels pour la corriger.

Le lit de la rivière s’élargit et nous arrivons bientôt dans une plaine de galets large de plusieurs kilomètres. La rivière s’y disperse et plusieurs bras s’offrent à nous.  Les gravelots, ces petits limicoles tout ronds, y abondent. Le paysage est majestueux et rare. Nous savourons notre chance d’être là. Ailleurs, les plaines de ce type ont été endiguées pour  gagner sur la rivière au profit des terres agricoles ou des habitations. Elles ont plus souvent encore été noyées par les lacs de barrage. A l’horizon, se dresse justement une chaîne de collines dans laquelle la rivière creuse une gorge. C’est là que le barrage de Kalivaç serait construit. Il noierait l’ensemble de la plaine dans laquelle nous évoluons.

Nous progressons dans ces gorges. Avec les falaises, l’isolement, et le fleuve, large, puissant et laiteux, j’ai l’impression d’être dans l’ouest américain. Que de dépaysement ! Nous décidons de monter le camp face à une falaise où nous aurons tout le loisir d’observer les noces du faucon crécerelle. Greg, en bon chamoniard, monte sur les hauteurs et photographie les travaux de terrassement entrepris dans les années 2000 pour la construction du barrage. Ils ont été interrompus suite au retrait d’une banque allemande  et du fait des turpitudes judiciaires dans lesquelles s’est retrouvé le propriétaire italien. Aujourd’hui encore, la plus grande opacité règne sur les projets d’aménagement de la Vjosa, bien loin des standards internationaux de transparence sans même parler de consultation du public. Quelques semaines après notre retour, nous apprendrons que  l’Etat albanais a déposé un appel d’offres pour nommer un nouveau concessionnaire en charge de la construction de Kalivaç.

Le lendemain, nous partons de bonne heure et retrouvons bientôt nos scientifiques en train de fourbir leurs armes au bord de l’eau. Ils sont albanais et autrichiens pour la plupart, comme les associations qui se mobilisent pour la Vjosa. Ils viennent quelques jours durant faire un premier relevé floristique et faunistique qui viendra nourrir le contentieux que les associations ont déposé devant le tribunal administratif de Tirana. Elles dénoncent la piètre qualité de l’étude d’impact réalisée pour le projet de barrage et entendent produire les données qui prouvent l’intérêt écologique de la zone afin de faire casser l’autorisation de construire accordée par le gouvernement albanais.  Quelques semaines après notre départ, le tribunal abondera dans leur sens … avant que l’Etat albanais ne fasse appel.

Deux valeureux géomorphologues dressent le profil de la rivière, l’un sur la berge, l’autre au milieu de l’eau avec son miroir. Des ichtyologues préparent une pêche électrique. Quant aux botanistes, spécialistes des insectes, reptiles et autres batraciens, ils s’affairent autour du raft mis à leur disposition pour aller étudier le large lit de galets de l’autre côté du bras principal. La veine d’eau puissante les impressionne. Aucun d’eux n’a vraiment envie de prendre les choses en main. Greg s’y colle et passera une bonne partie de la journée à faire traverser les scientifiques. Cela nous vaudra un bon capital de sympathie de leur part.

De notre côté, nous suivons d’abord la pêche électrique ponctuée d’un “this is a new one” qui signale la prise d’une espèce jamais identifiée ici (et à fortiori dans la pseudo étude d’impacts). Quelques échantillons seront ramenés au laboratoire pour s’assurer que quelques espèces typiquement endémiques ne se cachent pas dans cette rivière, elle-même située dans le foyer d’endémisme que constituent les Balkans. Nous rejoindrons ensuite un spécialiste des invertébrés aquatiques. Il nous dit que cette rivière, très peu touchée par l’homme, pourrait permettre aux scientifiques, si elle est gardée en état, de poser un nouveau regard sur le fonctionnement des milieux d’eau douce, rien de moins. Enfin, un responsable associatif nourrira notre réflexion pour la suite de notre navigation avec un : “this is not only a river, this a wetland !” (“Ce n’est pas une rivière, c’est une zone humide”).

Nous comprenons mieux le sens de cela quand, après avoir établi le bivouac sur les berges de la rivière, nous sommes incapables de trouver un passage pour monter vers le village où nous attend l’équipe. Mares, marécages et bras morts de la rivière sont comme un labyrinthe dont il est difficile de s’extraire. Mais, il en faut plus pour nous en empêcher et Greg prend le lead dans la montée. Nous aurons du mal à nous en remettre.

Un agneau rôti et quelques rakis plus tard, décision est prise de ne pas faire ce soir le chemin du retour bien trop périlleux dans notre état et par cette nuit bien avancée et de dormir chez l’habitant, dont nous apprécions la capacité d’improvisation.

Un café raki dans l’estomac, nous repartons le lendemain matin. Sur le chemin, nous rencontrons Fatmir sur son âne. Il rentre de la pêche. Il a pris un bon kilogramme de hotu. Cela lui rapportera une quinzaine d’euros, assez pour vivre. Il est satisfait de sa pêche mais regrette la période communiste où les poissons étaient plus gros. Simple nostalgie ou regret d’une période où la gestion des ressources était plus rigoureuse ?

Nous finissons par retrouver nos bateaux et à reprendre l’eau. Comme pour illustrer les derniers propos recueillis la veille, un héron pourpré et un bihoreau gris s’envolent. Ces oiseaux sont typiques des zones humides. On ne les trouve plus guère au bord des rivières en France qui ont été déconnectées des bras morts et autres marres qui, naguère, occupaient leur lit majeur comme c’est toujours le cas ici aujourd’hui. Nous passons bientôt à Poçem où est prévue la construction du barrage qui noierait la plaine qu’ont inspectée les scientifiques.

La guitoune de Ioni, un ami de Louis, se dresse à l’horizon, entre la route et la rivière. Elle est célèbre dans le pays entier et nombreux sont les Albanais à s’y arrêter pour y acheter un CD ou y boire un café. Ioni voudrait louer des canoës. Nous sommes heureux que la rivière fournisse bientôt des revenus à la population locale, c’est indispensable pour assurer sa préservation, moins quand Ioni nous annonce qu’il voudrait aussi louer des jet-skis. Mais, à chacun son tourisme.

Nous repartons et entreprenons de déjeuner. Du pain, de la feta, un concombre et une tomate du village feront notre bonheur pour un repas au fil de l’eau, sans descendre des bateaux. Rêvant d’un café, nous questionnons Louis sur la confection du café turc. 10 kilomètres plus tard, nous avons passé en revue toute l’histoire des Balkans, qui n’est pas la plus digeste, et Louis nous livre enfin le secret du café turc, du café moulu très fin que l’on fait infuser directement dans une tasse.

Le vent se lève, l’après-midi avance. Nous arrivons au bivouac, non sans nous être écharpés sur le lieu. Faut-il donner la priorité à l’endroit où les poissons sautent et la pêche s’annonce bonne ou à la qualité de la vue sur la rivière ? Quand on n’aime pas un spot de bivouac, rien n’est plus simple que de réagir un peu tard, faire mine de tergiverser, ne pas comprendre l’endroit qu’on vous indique, puis de conclure, le courant aidant, par un “là, c’est trop tard”… Pas dupes, cela met mes coéquipiers en rage.

La nuit passe, un bruit d’autoroute au loin. C’est la fin du courant. Le calme s’installe. Plus question de tergiverser, il faut pagayer. Seule distraction aujourd’hui, saluer les pêcheurs de notre albanais balbutiant, leur demander la direction de l’Adriatique et voir leur bras se tendre vers l’ouest, un large sourire en bouche. Nous atteignons bientôt le dernier pont de la navigation. Une dizaine d’hommes y pêchent et prennent quantités de mulets. Certainement, un nouveau témoignage du bon état de la rivière.

Les derniers kilomètres seront marqués par l’omniprésence de la pêche au carrelet et par la beauté du paysage. Aux berges arborées succèdent des prairies salées parsemées de touffes d’ajoncs. Elles sont pâturées ça et là par quelques ovins. Sous la lumière planante de fin d’après-midi du mois d’avril, nous tombons sous le charme. Le bleu laiteux de la rivière et le vert pâle des prairies s’accordent à merveille. Il faut dire que nous aurons le temps de l’observer, tant le vent de face nous contraint au sur-place alors que nous ne mollissons pourtant pas sur les pagaies.

Nous arrivons enfin à la mer. La côté est vierge de toute construction. Elle n’en est pas moins largement fréquentée par les pêcheurs et un vaste carrelet barre l’estuaire. La dernière soirée sera à l’image de ce que nous retiendrons de notre séjour en Albanie. D’abord la gentillesse de ce pêcheur qui nous offre ses poissons pour notre dîner. Enfin, la nature et ces chacals dorés dont nous entendrons le cri pendant la nuit.

Venez vivre ces aventures avec nous !